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émilie simon, entre ice girl et fille végétale

émilie simon, entre ice girl et fille végétale

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Une fois de plus le temps m’a rattrapé et je me retrouve à écrire quelques minutes avant la clôture journalière. Il me restait cette critique du concert d’Emilie Simon dans la boîte à idée, voyons ce qu’on peut en faire.

D’abord un bref rappel des faits. Courant 2003 sort le premier album d’Emilie Simon, un mélange subtil d’électronique et de chanson à texte. Je ne dis pas chanson française pour une raison simple, la demoiselle flirte à la fois avec Molière et Shakespeare, à tel point qu’elle fera deux versions de son premier single ‘désert’, les textes n’étant pas du tout la traduction l’un de l’autre. Elle s’attaque ensuite à la BO de la marche de l’empereur avec le succès qu’on sait en France et la censure qu’on sait aussi aux US, pour enfin nous livrer son dernier effort début 2006. Le son est toujours aussi riche, le chant aussi délicat, les textes aussi fins. Malheureusement les structures des chansons restent un peu répétitives. On sent qu’elle a plutôt cherché à appuyer un trait présent sur quelques titres de ‘la marche de l’empereur’, un son plus lourd, plus lyrique, un poil emphatique.

Ces défauts ne disparaissent bien sûr pas en live, mais s’atténuent un peu car l’ambiance s’y prête mieux. Les rythmiques lourdes changent l’Olympia en boîte de nuit survoltée, les lumières abondent dans le sens des envolées lyriques. Reste que ce n’est pas du tout là que je l’attendais au tournant. Pour moi, Emilie Simon est avant tout une artisane de la musique, qui va chercher des sons composites alambiqués et qui peaufine sa voix jusqu’au moindre souffle.

Sur le premier point j’ai été très vite servi. Les morceaux les plus calmes reposent essentiellement sur le percussioniste du groupe, qui va utiliser des baguettes de xylophone sur les cordes et la caisse du piano, ou encore un saladier plein d’eau dans lequel il tape sur un gong, une espèce de demie-noix de coco ou même directement la surface. Il sera présent tout du long du concert, mais souvent couvert par l’autre magicien du groupe, caché derrière son Vaio aux commandes de la monstrueuse beatbox.

sur le deuxième point j’ai commencé par déchanter dès les première notes. Je ne sais pas si les ingés son ont fait exprès de mettre une telle profondeur d’écho sur sa voix, mais le résultat était calamiteux. La miss chantait pourtant terriblement juste, il n’y avait rien à dire, mais la plupart des petites modulations qu’elle apportait à sa voix, naturellement ou via son brassard d’effet vocal, étaient quasi engloutis par cet écho abyssal. Je ne saurai même pas dire si je m’y suis habitué ou si les ingés l’ont rectifié petit à petit.

Côté playlist, il aura fallu attendre sept chansons avant d’entendre des reprises plus ou moins arrangées voire adaptées des anciens albums. La grande surprise restera la reprise au nième rappel de ‘come as you are’ de nirvana au piano, sombre et inquiétant, complètement approprié par mademoiselle. il faut dire que malgré la timidité qui transparaît dans son jeu encore un peu maladroit, elle a un talent fou, et je suppose qu’il doit y avoir des jours où ça doit être dur de garder la tête froide et rester modeste (je fais écho à des propos que m’a rapporté yannick, et que je pense qu’on peut relativiser).

Les applaudissements un peu mous du début se sont renforcés petit à petit, et c’est sous un véritable déluge qu’elle finira par partir. ‘Avec ça t’es pas partie’ lui lancera quelqu’un dans le public, après une telle salve d’applaudissements entre deux chansons du deuxième rappel qu’elle ne pouvait même plus parler. Je suppose que comme c’était le jour de la sainte Emilie, il était normal qu’on lui fasse une vraie fête.

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